La sécurité au stade de Genève

 27/07/2009

Servette-Gossau vu depuis le QG de la sécurité

PRAILLE

Le Stade de Genève passé au crible des agents privés, expert, policiers et caméras.

Le Servette FC s’apprête donc à disputer son dernier match. Le sourire aux lèvres. L’équipe a décroché sa licence et la certitude de jouer en Challenge League. Alors? Soulagement au Poste de commandemen

 Si les Grenats n’avaient pas décroché la palme, il y aurait sans doute eu du rififi dans les gradins. C’est Christian Python, responsable de la sécurité du stade de la Praille, qui le dit. Il sait de quoi il parle. Avant chaque match, il analyse avec son staff et les forces de l’ordre les risques. XXL pour certaines rencontres internationales. Ce samedi, l’ambiance est à la détente. Il n’empêche, les stadiers en charge de l’accueil ont déjà fait un tour de piste. «Il s’agit de vérifier qu’aucun objet - bouteilles, briquets - susceptible de se muer en armes ne subsiste sous les fauteuils», explique Christian Python.

Une cinquantaine de caméras

Les superviseurs, sorte de chef d’équipes, sont déjà postés à chaque tribune. Ce sont eux qui alertent le Quartier général en cas d’échauffourées, tandis que les stewards de sûreté surveillent les lieux. Ils sont disséminés un partout sur les gradins, près des barrières autour de la pelouse et aux points d’accès.
Durant les matches à risques, 500 agents sont ainsi réquisitionnés.

Il est maintenant 19?heures. Christian Python et ses hommes sont sur le terrain depuis le début de l’après-midi. Le car de l’équipe adversaire arrive au stade. Les athlètes vont rejoindre leur vestiaire en attendant le coup d’envoi à 20h10.

Halte au poste de contrôle vidéo. Une dizaine d’écrans relayent les images captées par près d’une cinquantaine de caméras installées aux endroits stratégiques. A la moindre agitation suspecte, les superviseurs sont alertés par radio. Et les gardes interviennent. Toujours selon le même processus du plus soft au plus autoritaire. Primo, l’agent tente de dialoguer avec le fauteur de troubles. Deuzio, il essaie de désamorcer la crise et tertio en cas d’échec, il procède à l’action drastique (selon le jargon des spécialistes). En clair, il reconduit l’agitateur à la sortie ou le remet aux policiers. Lesquels sont de faction à l’extérieur de l’enceinte sportive.

A une demi-heure du match. RAS. Mais, toutes les rencontres ne sont évidemment pas aussi paisibles. «Il y a un mois un stadier a été blessé par un homme qui a voulu entrer de force», affirme Christian Python.

Et pourtant les personnes affectées à la sécurité sont dûment formées. A tout. A calmer le jeu, à intervenir fermement, à maîtriser le langage radio. «Il faut bien trouver un code qui nous permette de nous comprendre très vite», reprend le responsable du QG.

Les spectateurs arrivent. Les policiers, version baraquée, effectuent une surveillance semi-discrète (ils sont en uniforme) sur l’esplanade externe. Les agents du stade (en mode musclé aussi) ont eux pris place à l’entrée. Une seule porte est ouverte. Et les aficionados des Grenats doivent passer à la «palpation». Tous sans exception. Y compris Laurent Moutinot ad persona, chef du Département des institutions et accro au foot. Attention, les forces de l’ordre privées ont le droit de palper, pas de fouiller. Autrement dit, ils ont la compétence de poser les mains sur le buste et les jambes. Point final. Les sacs sont inspectés et les bouteilles passent à la poubelle.

A quelques mètres d’un superviseur, l’expert en hooliganisme observe la file des spectateurs. Les joueurs sont alignés sur la pelouse. Le match va commencer sous les cris et les coups de tambour des supporters de Servette.

Adélita Genoud | 30.05.2009 | 22:00