Violence dans les stades: quelles solutions?

 24/05/2009

La Coupe de Suisse mercredi à Berne et un match de 1ère ligue samedi soir l'ont confirmé: la fête du foot s'accompagne de plus en plus souvent d'échauffourées. Ceux qui veulent en découdre trouvent toujours une parade malgré le tour de vis introduit il y a deux ans.

La banque de donnée anti-hooligans recensait 506 personnes fin 2008. Soit 300 de plus qu'en 2007, selon le dernier rapport sur la sécurité intérieure de l'Office fédéral de la police (fedpol).

Dans l'ensemble, fedpol estime à 1500 les personnes enclines à la violence et à 250 les hooligans avec un fort potentiel de violence. Les débordements récurrents donnent à penser que le dispositif actuel ne va pas assez loin. Samedi soir à St-Gall, l'annulation d'un match de 1ère ligue est encore venue le montrer (lire ci-contre).
Fouilles pas assez poussées

Le responsable de la sécurité pour l'Association suisse de football (ASF) pointe du doigt les bases légales insuffisantes régulant l'activité des agents de sécurité privés dans les stades. «Une vraie fouille n'est pas autorisée à l'entrée», déplore Ulrich Pfister. Les zones intimes restent taboues. Or c'est précisément là que sont dissimulés les fumigènes.

Les quelque 370 agents engagés pour la finale de la Coupe suisse entre le FC Sion et Young Boys mercredi à Berne n'ont pas pu empêcher la présence dans les gradins de tels engins. S'opposer à leur utilisation est dangereux.

«Les supporters sont solidaires et le personnel du stade se retrouve immédiatement confronté à 500 spectateurs hostiles. Ce qui peut mener à une interruption de la partie», d'après Ulrich Pfister.
Mercredi, les bagarres ont débuté déjà avant le match, à la gare de Berne.
Mercredi, les bagarres ont débuté déjà avant le match, à la gare de Berne.
Agrandir l'image Mercredi, les bagarres ont débuté déjà avant le match, à la gare de Berne.   [TSR]
Le cas de la Coupe de Suisse

Aucune erreur n'a été commise mercredi lors de la Coupe de Suisse, renchérit Charles Beuret, le porte-parole des Young Boys. Les consignes de sécurité de l'ASF ont été respectées, les responsables des supporters et la police ont «très bien» collaboré devant le stade.

Les véritables trouble-fêtes n'étaient pas les fans valaisans venus dans la capitale, mais des individus qui, à grand renfort de fumigènes et de grossièretés, cherchent la violence, analyse-t-il. Cinq ou six jeunes ont été interceptés avant la rencontre et de nombreux fumigènes confisqués. Mais «on ne peut pas contrôler tout le monde.»

La surveillance vidéo n'est pas non plus la panacée pour identifier quelqu'un. Il est facile de porter un T-shirt de fan pour entrer, puis de se changer et de se cacher le visage.
Loi trop clémente?

Les forces de l'ordre font ce qu'elles peuvent avec les lois en vigueur, souligne pour sa part la vice-présidente de la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police Karin Keller-Sutter. Reste à savoir si leur marge de manoeuvre est suffisante. «En comparaison internationale, notre législation est relativement clémente.»

Ainsi, en Angleterre, le non respect d'une interdiction de stade peut être puni d'une peine de prison jusqu'à six mois, illustre la conseillère d'Etat saint-galloise. Quant aux spectateurs qui utilisent des fumigènes ou qui pénètrent sur la pelouse, ils risquent des amendes salées.

En Suisse, le profil type des supporters violents: de jeunes hommes âgés de 19 à 24 ans. Les clubs ont prononcé l'an dernier une interdiction de stade contre 185 personnes. La police, de son côté, a infligé une interdiction de périmètre à 164 individus.

Ce sont avant tout des fauteurs de trouble gravitant autour du FC Bâle qui sont enregistrés, suivis du FC Lucerne et du FC St-Gall. La majorité ne vit toutefois pas sur les bords du Rhin, mais dans les canton de Zurich (89), Lucerne (63), St-Gall (45) et Berne (44).
A chacun sa recette

A titre de pistes d'amélioration, Ulrich Pfister prône des concepts uniformes de formation pour les agents de sécurité ainsi que de prévention et d'encadrement des fans.

Pour Charles Beuret, il convient avant tout de sensibiliser les supporters. Il verrait d'un bon oeil que ceux qui violent la loi soient immédiatement sanctionnés ou que les médias s'abstiennent de diffuser des images de fumigènes et de hooligans en action.

Le municipal bernois en charge de la police Hans-Jürg Käser appelle aussi à plus de sévérité, de la part de tous les acteurs. On doit pouvoir procéder à des arrestations avant, pendant et après un match. Dans des interviews parues samedi, il a soutenu la surveillance vidéo dans et autour du Stade de Suisse.

Comme le relève Karin Keller-Sutter, «le phénomène a gagné massivement en importance ces deux dernières années». Et le problème est d'autant plus complexe qu'il ne s'agit pas simplement de fans frustrés après un match, mais de pros des émeutes qui utilisent le sport pour se défouler.

La Coupe de Suisse mercredi à Berne et un match de 1ère ligue samedi soir l'ont confirmé: la fête du foot s'accompagne de plus en plus souvent d'échauffourées. Ceux qui veulent en découdre trouvent toujours une parade malgré le tour de vis introduit il y a deux ans.

La banque de donnée anti-hooligans recensait 506 personnes fin 2008. Soit 300 de plus qu'en 2007, selon le dernier rapport sur la sécurité intérieure de l'Office fédéral de la police (fedpol).

Dans l'ensemble, fedpol estime à 1500 les personnes enclines à la violence et à 250 les hooligans avec un fort potentiel de violence. Les débordements récurrents donnent à penser que le dispositif actuel ne va pas assez loin. Samedi soir à St-Gall, l'annulation d'un match de 1ère ligue est encore venue le montrer (lire ci-contre).
Fouilles pas assez poussées

Le responsable de la sécurité pour l'Association suisse de football (ASF) pointe du doigt les bases légales insuffisantes régulant l'activité des agents de sécurité privés dans les stades. «Une vraie fouille n'est pas autorisée à l'entrée», déplore Ulrich Pfister. Les zones intimes restent taboues. Or c'est précisément là que sont dissimulés les fumigènes.

Les quelque 370 agents engagés pour la finale de la Coupe suisse entre le FC Sion et Young Boys mercredi à Berne n'ont pas pu empêcher la présence dans les gradins de tels engins. S'opposer à leur utilisation est dangereux.

«Les supporters sont solidaires et le personnel du stade se retrouve immédiatement confronté à 500 spectateurs hostiles. Ce qui peut mener à une interruption de la partie», d'après Ulrich Pfister.
Mercredi, les bagarres ont débuté déjà avant le match, à la gare de Berne.
Mercredi, les bagarres ont débuté déjà avant le match, à la gare de Berne.
Agrandir l'image Mercredi, les bagarres ont débuté déjà avant le match, à la gare de Berne.   [TSR]
Le cas de la Coupe de Suisse

Aucune erreur n'a été commise mercredi lors de la Coupe de Suisse, renchérit Charles Beuret, le porte-parole des Young Boys. Les consignes de sécurité de l'ASF ont été respectées, les responsables des supporters et la police ont «très bien» collaboré devant le stade.

Les véritables trouble-fêtes n'étaient pas les fans valaisans venus dans la capitale, mais des individus qui, à grand renfort de fumigènes et de grossièretés, cherchent la violence, analyse-t-il. Cinq ou six jeunes ont été interceptés avant la rencontre et de nombreux fumigènes confisqués. Mais «on ne peut pas contrôler tout le monde.»

La surveillance vidéo n'est pas non plus la panacée pour identifier quelqu'un. Il est facile de porter un T-shirt de fan pour entrer, puis de se changer et de se cacher le visage.
Loi trop clémente?

Les forces de l'ordre font ce qu'elles peuvent avec les lois en vigueur, souligne pour sa part la vice-présidente de la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police Karin Keller-Sutter. Reste à savoir si leur marge de manoeuvre est suffisante. «En comparaison internationale, notre législation est relativement clémente.»

Ainsi, en Angleterre, le non respect d'une interdiction de stade peut être puni d'une peine de prison jusqu'à six mois, illustre la conseillère d'Etat saint-galloise. Quant aux spectateurs qui utilisent des fumigènes ou qui pénètrent sur la pelouse, ils risquent des amendes salées.

En Suisse, le profil type des supporters violents: de jeunes hommes âgés de 19 à 24 ans. Les clubs ont prononcé l'an dernier une interdiction de stade contre 185 personnes. La police, de son côté, a infligé une interdiction de périmètre à 164 individus.

Ce sont avant tout des fauteurs de trouble gravitant autour du FC Bâle qui sont enregistrés, suivis du FC Lucerne et du FC St-Gall. La majorité ne vit toutefois pas sur les bords du Rhin, mais dans les canton de Zurich (89), Lucerne (63), St-Gall (45) et Berne (44).
A chacun sa recette

A titre de pistes d'amélioration, Ulrich Pfister prône des concepts uniformes de formation pour les agents de sécurité ainsi que de prévention et d'encadrement des fans.

Pour Charles Beuret, il convient avant tout de sensibiliser les supporters. Il verrait d'un bon oeil que ceux qui violent la loi soient immédiatement sanctionnés ou que les médias s'abstiennent de diffuser des images de fumigènes et de hooligans en action.

Le municipal bernois en charge de la police Hans-Jürg Käser appelle aussi à plus de sévérité, de la part de tous les acteurs. On doit pouvoir procéder à des arrestations avant, pendant et après un match. Dans des interviews parues samedi, il a soutenu la surveillance vidéo dans et autour du Stade de Suisse.

Comme le relève Karin Keller-Sutter, «le phénomène a gagné massivement en importance ces deux dernières années». Et le problème est d'autant plus complexe qu'il ne s'agit pas simplement de fans frustrés après un match, mais de pros des émeutes qui utilisent le sport pour se défouler.