La facture genevoise de l'Euro 08 s'alourdit de 3 millions de francs

 
16/09/2008

L'engagement massif des forces de police fait aujourd'hui tinter le tiroir-caisse de l'Etat. Les heures supplémentaires de la police reviendraient plus cher que prévu.

 «La police a profité de l'Eurofoot pour se payer des heures supplémentaires de farniente», maugrée un haut fonctionnaire du canton. La nouvelle du surcoût de 3 millions de francs a commencé à se répandre. Elle étonne, puisque la compétition s'est avérée pacifique.

Erreur d'estimation? La police ne se prononce pas et renvoie au Département des institutions, dont elle dépend. Celui-ci ne veut pas commenter l'affaire, «qui est en cours d'instruction». Mais, selon l'une de nos sources, le budget initial prévoyait 4 millions pour le surcroît de travail des forces de l'ordre. Or la facture finale sur ce poste aurait presque doublé, atteignant 7 millions. Une hypothèse court: de nombreux agents auraient préféré se faire payer leurs heures supplémentaires plutôt que de prendre des congés.

En mai, à 10 jours du coup d'envoi du tournoi, le magistrat socialiste chargé de la Police, Laurent Moutinot, avait lâché des garanties sur le paiement de ces heures au syndicat policier UPCP. Celui-ci souligne aujourd'hui la lourdeur du labeur durant le mois de juin.

Au Parlement, la Commission des finances n'est informée de rien. Son vice-président, le libéral Pierre Weiss, promet toutefois d'enquêter sur la rigueur de l'Etat dans le paiement des heures sup.

Le coût de l'Euro à la charge du seul canton de Genève tutoie désormais les 20 millions. Le double de la facture nationale évaluée par Berne au début de la décennie! Si un récent sondage a révélé des Genevois satisfaits quant à l'organisation de l'événement, il a aussi montré que seule une minorité d'entre eux croyaient à une affaire rentable.

Du temps libre, s.v.p.!
Dans le canton de Vaud, le bilan des heures sup n'est pas encore établi. Une rencontre, prévue à l'origine en août, réunira demain le Conseil d'Etat et l'association professionnelle des gendarmes pour faire le point. «Nous voulons récupérer nos heures en temps libre, explique Billy Warpelin, du syndicat des képis. Si on nous propose de l'argent, au moins que ce ne soit pas ridicule.»

R. P.

Source: Le Matin Bleu
Marc Moulin