Quatre mois avec sursis pour avoir visé des footballeurs avec un stylo laser

 12/07/2008

Deux supporters du Paris Saint-Germain ont été condamnés vendredi par le tribunal correctionnel de Paris à trois et quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir, durant le match PSG-Nice du 13 avril au Parc des Princes, visé l'équipe adverse à l'aide d'un stylo laser.

La 10e chambre a également interdit aux deux étudiants d'assister aux matches du PSG durant deux ans, les obligeant à se présenter à la gendarmerie à chacune des rencontres.La peine est plus modérée que celle "exemplaire" demandée tant par la partie civile que le parquet, afin d'éradiquer ce phénomène croissant depuis un an. Exprimant son indignation face à ces supporters qui "se comportent de façon lâche et antisportive", la procureure Hélène Tortel avait requis six mois avec sursis, et une interdiction de stade durant cinq ans, la durée maximum.Le 13 avril, les policiers avaient constaté qu'un faisceau laser perturbait les joueurs de l'équipe de Nice. Des vidéos leur avaient permis d'identifier les auteurs dans la tribune Auteuil: Yohan, 21 ans, et Boris, 19 ans. Vendredi, ils ont de nouveau reconnu les faits, d'une voix quasi-inaudible.Une telle attitude "n'empêche pas seulement les joueurs de marquer un but, mais elle peut avoir un effet grave sur leur rétine", a dit la juge rapporteur Martine Auriol. Elle a précisé qu'une exposition de deux secondes à un faisceau laser de ce type était suffisante pour causer de graves lésions rétiniennes."C'est un système de dérives graves", qui "fait appel à des méthodes de plus en plus sophistiquées", a déclaré Me Jean Appietto, au nom de la Ligue de football professionnelle et de la Fédération française de football, qui ont obtenu chacune un euro symbolique."Il faut que cela soit la dernière fois, que votre décision ait un effet pédagogique", a-t-il dit. "L'important, c'est que l'on puisse faire savoir que ce genre de procédé est condamnable et qu'il est lourdement condamné", a-t-il ajouté."Ce jour-là, la guerre et le sport se rejoignaient", a affirmé la procureure, évoquant "deux jeunes imbéciles" devenus "des mercenaires". "On ose venir vous dire à la barre qu'on a été pris par la passion, mais ce n'est pas de la passion, c'est du vice!", a-t-elle dit.

Source : AFP