Dernière soirée de folie à la Praille

 16/06/2008

Fini le gentil foot entre amis. Hier soir, pour le dernier match à Genève, Turquie-République tchèque, on est passé aux choses sérieuses... et même à une soirée de folie.

Dès l'après-midi, en ville, dans les trams et autour du stade, l'atmosphère se charge d'électricité. Supporters, policiers, stadiers, tout le monde est sur les dents. Même si les Tchèques continuent à siroter leur bière, même si les Turcs klaxonnent dans des voitures décorées de petits drapeaux style cortège présidentiel, on les sent tendus.

Il faut vaincre ou disparaître du tournoi. En cas de match nul, il faudrait recourir aux penalties pour accéder aux quarts, un scénario jamais vu pour le premier tour d'un Euro. Pendant qu'à Bâle, les Suisses s'apprêtent à battre les Portugais pour la gloire, la Praille devient le centre des débats, des vrais.

Dès 19 h, l'atmosphère s'alourdit. Le bruit devient assourdissant. Juste avant le coup d'envoi, il dépasse sûrement toutes les normes autorisées.

Le match est tendu lui aussi. Le géant tchèque Koller ouvre le score. Les Turcs, muets un instant, repartent de plus belle. A 2-0 pour la République tchèque, les milliers de supporters du Bosphore déchantent. Mais leur équipe, portée par la foule, marque trois fois. Le stade devient chaud comme une baraque à frites. Malgré la température frisquette et la pluie insistante, on se croirait dans une soirée d'été stambouliote.

La Turquie gagne 3-2. L'Euro se termine pour la Praille. En huit jours, notre «petit» stade aura presque tout connu: deux prestations splendides des artistes portugais puis le match le plus fou du groupe. On pouvait difficilement rêver mieux.

Source: La Tribune de Genève

L'ultime match genevois de l'Euro a qualifié les Turcs dans une ambiance survoltée.

FRÉDÉRIC JULLIARD