Le climat d’insécurité à Genève profite aux sociétés comme Python

par Dejan Nikolic 

Après les Rues-Basses, la PME genevoise étend ses patrouilles à la Rive droite. Depuis début juillet, le dispositif rassure les hôteliers.

Qu’elle découle d’un sentiment ou se fonde sur la réalité, l’insécurité ne fait pas bon ménage avec le tourisme. A Genève, la confiance des vacanciers faiblit à mesure que s’étoffe le catalogue de faits divers. Pour contrecarrer cette dégradation d’image, la Société des hôteliers de Genève (SHG) a invité ses membres à considérer les services de vigiles privés. S’en est suivi un appel d’offres, pour déterminer la formule adéquate. «De toutes les propositions, c’est celle de Python Sécurité qui était la plus intéressante», résume Marc-Antoine Nissille, président de la SHG.

Nom de code du dispositif en place depuis trois semaines: «Secureshop hôtels», similaire au concept de mutualisation de sécurité privée, lancé en novembre 2010, auprès des commerçants des Rues-Basses. A la différence de ce service d’agents en civil, déployé auprès d’une dizaine d’enseignes et spécifique au phénomène de vol à l’étalage ou à la tire organisé, et aux incivilités de type jeu de bonneteau, «Secure¬shop hôtels» consiste en une surveillance des secteurs de la Gare et des Pâquis, de nuit et en uniforme.

«Les patrouilles, dont l’objectif est de marquer une présence, s’effectuent tous les jours de 23h à 6h du matin, auprès d’une quinzaine d’hôtels trois à quatre étoiles principalement», précise Christian Python, patron de la PME genevoise du même nom, employant une cinquantaine de vigiles formés notamment aux situations de car-jacking ou de vol à l’astuce.

Les cinq-étoiles disposent déjà de leur propre service d’ordre. «Des synergies sont toutefois envisageables», ajoute l’entrepreneur, dont la société réalise en moyenne un chiffre d’affaires annuel de 3,5 millions de francs. A combien est facturé ce mandat hôtelier? «Il s’agit d’un forfait, identique pour tous les clients qui jouissent chacun d’un contrat individuel», indique Christian Python. Les magasins du centre-ville paient quant à eux ce type d’intervention entre 200 et 2000 francs par mois, en fonction de la surface commerciale à surveiller.