Dérapages à l’Arena lors des Saturnales: des agents de sécurité sprayent la foule

 28/12/2008

SATURNALES | Une cinquantaine d’étudiants ont été momentanément aveuglés par le poivre. L’entreprise de sécurité estime avoir fait du bon travail.

Marc Guéniat | 19.12.2008 | 00:00

C’est un couac, c’est certain, mais il est encore difficile d’en attribuer la paternité. Mercredi soir, vers 23?h?30, la soirée annuelle de la Faculté de médecine, baptisée les Saturnales, dérape. Selon plusieurs témoins, alors que la foule se presse pour entrer à l’Arena, les agents de l’entreprise AS Sécurité ferment soudainement les portes. Et privent d’entrée du même coup des centaines de jeunes, munis de billets achetés en prélocation.

Destinée à calmer le jeu, la manœuvre remet de l’huile sur le feu. «Retranchés derrière les portes, les agents ont procédé à de sporadiques incursions pour asperger la foule de spray au poivre», raconte l’une des victimes, elle-même agent de sécurité pour une autre entreprise. «Ils étaient jeunes et inexpérimentés», estime-t-il. Selon tous nos témoins, une cinquantaine d’étudiants auraient été sprayés.

L’entreprise nie le couac

«La fermeture des portes s’est avérée catastrophique», étaye Lou, étudiante en sciences de l’éducation. Son amie a goutté du poivre.
Puis une porte a été ouverte «et tout le monde s’est engouffré dans la brèche», poursuit Adria. Pour sa part, il a juste pu passer entre les gouttes, mais son ami, aveuglé, est tombé à terre, risquant de se faire piétiner.

Peu après, vers 0?h?30, la situation dégénère au point que l’on a fait appel à la police. Laquelle est arrivée en nombre, avec dix gendarmes qui ont pu rétablir l’ordre. La police ne donnera pas de suite à l’affaire, sauf si des victimes portent plainte.
Du côté de l’entreprise de sécurité, son directeur, Gilles-Serge Agboton, déclare ne pas vouloir faire de commentaires. Il souligne toutefois que ses agents «ont tout mis en œuvre pour éviter le pire et ont bien fait leur travail». Il réfute par ailleurs l’affirmation selon laquelle ses agents sont inexpérimentés.