Deux agents de sécurité mettent en cause Beaulieu New Year 2007

 09/01/2008

Après les débordements commis au Nouvel-An, des membres de la sécurité dénoncent leur sous-effectif et l'amateurisme des organisateurs. Ces derniers se défendent.

Appelons-les Claude et Roger. Ils sont agents de sécurité indépendants à Genève. Ils étaient sur le pont au Beaulieu New Year, un Nouvel-An qui s'est soldé par une émeute au vestiaire (24 heures du 3 janvier 2008). Moins de dix jours après les échauffourées qui ont opposé forces de l'ordre et vandales à Beaulieu, ils ont décidé de parler sous couvert d'anonymat. «Agent de sécurité, c'est notre boulot. Et on veut continuer à l'exercer», préviennent-ils.
Alors Beaulieu New Year? «Si cette soirée avait été organisée par la jeunesse du coin, on pourrait excuser ce manque de professionnalisme. Mais là, ces gens connaissaient trop bien le monde de la nuit.»

53, pas plus
Côté chiffres déjà, Claude et Roger ne sont pas d'accord avec les versions officielles qui font état de 63 agents de sécurité sur place. «Pour une manifestation de cette envergure, nous aurions dû être une centaine. Quand nous sommes partis de Genève pour Lausanne, nous étions persuadés qu'une seconde équipe avait été mobilisée sur place. En fait nous étions les seuls. Nous nous sommes comptés. Nous n'étions que 53. Juste assez pour les fouilles à l'entrée», explique Claude. Un chiffre que conteste le responsable de la sécurité ce soir-là: «Des agents attendaient sur place. Nous étions bien, au total, une soixantaine de personnes», assure Cédric Pittet.

Les premiers fêtards sont arrivés vers 20 h 00. «Ceux qui n'avaient pas de billet ont fait la queue pendant une heure, pour accéder à l'unique caisse. Après quoi, ils ont remis ça pendant une autre bonne heure avant d'arriver à la fouille. Ces gens étaient les premiers énervés de la soirée. A vingt agents de plus, on aurait peut-être fait la différence. Parce que lorsque nous avons été appelés à l'intérieur, il n'y avait plus personne pour surveiller les entrées.»

A l'entrée justement, consigne avait été donnée de confisquer les bouteilles en verre. Par mesure de sécurité. «A l'intérieur, des collègues ont abordé un jeune dans la salle réservée aux 16-18 ans. Il avait une bouteille de whisky à la main. C'est lui qui nous a expliqué qu'il l'avait achetée à un bar de la fête. Cela dit, on nous avait aussi demandé de confisquer les bouteilles en plastique. Le but était que les clients consomment à l'intérieur», confie Claude. Conséquence: des tessons de bouteilles jonchaient le bas des escaliers du Palais de Beaulieu. «Si quelqu'un était venu à tomber, il aurait fallu s'attendre au pire.» Alcool toujours. «Au bar de la salle pour les moins de 18 ans, il y avait des bouteilles de champagne. Ce n'était pas très raisonnable», ajoute Roger.

«La sécurité à des pros»
«Le dispositif à l'entrée ou les fouilles, ce sont des problèmes qui touchent la sécurité de la soirée. Cette sécurité, nous l'avons mandatée à une société de professionnels. Le nombre d'agents avait été avalisé par la police. Et il y avait encore une petite dizaine de Securitas sur le site», répond Fabian Wyss, un des organisateurs. Pour ce qui est de la vente de bouteilles en verre dans l'enceinte de la fête, «c'est une pratique normale dans tous les bals et discothèques.» Selon lui à ce jour, aucune plainte n'a atterri sur le bureau de Phoenix Entertainement, la société organisatrice de l'événement.

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Source: 24heures
LAURENT ANTONOFF