Les voleurs piquent même le champagne

 25/12/2008

Comme chaque année en période des Fêtes, les vols à l'étalage sont en augmentation. Et la crise n'arrange rien.

Valérie Duby - le 25 décembre 2008, 10h37
Le Matin

Des dizaines de jeux vidéo planqués dans le carton d'un vélo pour enfant, des bouteilles de whisky et de champagne dissimulées sous une veste ou dans la poussette d'un bébé, un parfum glissé dans la poche...
Les exemples ne manquent pas pour illustrer l'imagination des voleurs.

Comme chaque année en période des Fêtes, les services de sécurité des magasins sont sur le qui-vive. Les produits les plus volés? Les boissons alcoolisées (whisky et champagne en tête), les parfums de
marque, les vêtements et accessoires pour dames, les DVD et les CD, sans oublier les cartouches de cigarettes, les rasoirs et les lames de rasoir. Très prisés également des voleurs, les chargeurs de piles et
tout ce qui relève de la téléphonie mobile vendue en libre-service. «En clair, tous les produits qui se revendent facilement sur les marchés parallèles», explique Christian Python, qui s'occupe de la sécurité de plusieurs enseignes et centres commerciaux dans toute la Suisse romande.

Selon une étude britannique du Center for Retail Research parue dernièrement, la facture du vol à l'étalage pendant les six dernières semaines de l'année devrait s'élever à quelque 5,3 milliards de francs en Europe de l'Ouest, y compris en Suisse, soit une augmentation de 200% par rapport au reste de l'année.

Selon l'étude britannique, 40% des produits volés ne sont tout simplement pas sécurisés. C'est l'une des conséquences de la crise, les magasins protègent de moins en moins leurs articles afin, entre autres, de pouvoir les placer plus rapidement dans les rayons.

Voleurs organisés comme des militaires

Le profil des voleurs? «Il n'y a pas de voleur «spécial Fêtes». Pour le moment, ce sont les mêmes que ceux qui exercent le restant de l'année», répond Patrick Pulh, porte-parole de la police genevoise.
«Nous avons beaucoup de «clients» en ce moment, relève Christian Python. Mais ce qui nous inquiète surtout, c'est l'augmentation des bandes organisées en provenance de l'Est. Organisés comme des militaires, ces voleurs sont de véritables professionnels qui s'attaquent aux rayons des grands magasins mais aussi aux stocks.
Récemment, des individus se sont introduits par le toit d'une grande surface et ont dérobé des palettes entières, notamment de cigarettes.»
Selon la Radio suisse romande qui a consacré un reportage à ce sujet, ces bandes sont spécialistes pour faire disparaître, en deux temps, trois mouvements, une vingtaine de bouteilles de champagne sans faire sonner les alarmes!

Depuis trente ans qu'il travaille dans la branche, Christian Python a assisté à une véritable explosion des vols à l'étalage. En même temps, le vol s'est considérablement banalisé. Et on ne va pas aller
vers le mieux, prédit le spécialiste, qui craint qu'en raison de la crise et d'une concurrence exacerbée, certains commerçants liment sur leur budget sécurité.

 «On nous a volé tous nos cadeaux de Noël»

«Tout ce mois de décembre, chaque fois que l'on rentrait à la maison, on se demandait si nos cadeaux de Noël se trouvaient encore sous le sapin», raconte cette Genevoise, maman de deux enfants, qui raconte le pourquoi de son inquiétude.

En effet, l'an dernier, juste avant le soir de Noël, des individus ont cambriolé l'appartement de cette famille domiciliée dans le quartier des Charmilles, à Genève. Tous les cadeaux de Noël avaient disparu. Outre les cadeaux, ils avaient dérobé les tirelires des enfants ainsi que des bijoux de famille (gourmette de baptême, chevalière de l'arrière-grand-mère), par définitions irremplaçables. Comble d'ironie, «les voleurs avaient pris la peine de laisser les tickets de caisse de nos achats, bien rangés sur la table», explique la Genevoise, encore attristée.