Avec les Fêtes, le vol à l'étalage reprend Tribune de Genève du 20.12.2003 FABRICE BREITHAUPT

 20/12/2003

Avec les Fêtes, le vol à l'étalage reprend
En Suisse, ce type de délits entraînerait une perte de 1,5 milliard de francs.

FABRICE BREITHAUPT Tribune de Genève du 20.12.2003

Les statistiques ont de quoi donner le tournis. On estime que l'équivalent de 150 francs en biens de consommation sont volés chaque seconde en Suisse.

Le vol à l'étalage causerait une perte de quelque 1,5 milliard de franc par année à l'ensemble du commerce de détail helvétique. Pour comparaison, la démarque inconnue (c'est-à-dire la différence entre l'existant et le stock théorique, due aux vols de la clientèle et du personnel ainsi qu'aux erreurs de gestion administrative) que les magasins de l'Europe de l'Ouest ont eu à subir en 2001 s'est élevée à 1,42% du chiffre d'affaires, soit un montant de 28,9 milliards d'euros (plus de 45 milliards de francs), selon un rapport publié par le Centre for retail research.

Et à Genève ? Son coût total est difficile à estimer. Mais le phénomène n'en est pas moins pénalisant. En particulier à l'approche des fêtes de fin d'année, l'une des périodes les plus sensibles avec les soldes et les vacances scolaires, expliquent les spécialistes. Notre enquête, menée chez les principaux acteurs de la grande distribution généraliste et dans certaines grandes enseignes spécialisées de la place, a permis à la Tribune de Genève de s'en rendre compte.

Jusqu'à 100 000 francspour une vidéosurveillance
Migros et Franz Carl Weber (FCW) évaluent l'impact du vol à l'étalage « entre 0,5 et 1% » de leur chiffre d'affaires annuel respectif, sans toutefois toujours préciser ledit chiffre d'affaires. Coop l'estime « entre 1 et 1,5% ». H & M articule un pourcentage « supérieur à 1% ». Manifestement très touché, Manor concède un taux de démarque inconnue équivalent à 2% du chiffre d'affaires réalisé au cours de l'exercice 2002-2003, dont 2 / 3 sont dus aux vols à l'étalage. Quant à la Fnac, sa direction reconnaît être, elle aussi, très touchée par le phénomène, mais refuse catégoriquement de communiquer tous chiffres. Naville oppose un refus identique. Du côté des petits commerçants, on se montre plus serein face au problème. Interrogé, Bernard Menuz, président de la Fédération des artisans et commerçants de Genève, affirme que ses membres sont très peu concernés par le problème.

A ceux du vol à l'étalage, il faut ajouter les coûts de la sécurité. Migros, par exemple, annonce dépenser par année à Genève, 1 million de francs environ en frais de fonctionnement pour ses équipes de surveillance, composées au total d'une trentaine de collaborateurs. Cela, sans compter les frais en matière de logistique sécuritaire.

Selon le géant orange, une barrière antivols coûterait près de 10 000 francs pièce, alors qu'il faudrait débourser jusqu'à 100 000 francs pour équiper un seul supermarché en vidéosurveillance (système, caméra et régie vidéo inclus). Mais tel est le prix à payer pour protéger sa marchandise.

Tribune de Genève, 20.12.2003, p. 9