Le portrait robot des voleurs. Revue LSA 03.02.2000

 03/02/2000

Pour lutter contre les vols, encore faut-il connaître ses éventuels clients indélicats. Aux États-Unis, une étude dresse sept profils types.

 Du vrai professionnel à l'enfant de 2 ans !Selon une réalisée par The Loss Prevention Specialists, une entreprise américaine spécialisée dans l'étude de la démarque inconnue, le montant des vols commis dans les Wal-Mart, Home Depot et autres Sears s'établit à 108 milliards de francs (18 Mrds $) par an.L'enquête révèle que les grands magasins et les supermarchés sont les plus touchés tandis que les magasins spécialisés dans le textile, la vidéo et les pièces détachées automobiles déplorent peu de vols. Enfin, assez logiquement, les produits les plus volés sont les plus vulnérables. C'est-à-dire ceux peu protégés et proches des caisses. De même, la plupart des vols sont accompagnés d'un acte d'achat. Ce qui pose un problème : le risque d'arrêter un voleur qui est aussi un bon client du magasin. Et donc de le perdre définitivement. D'où l'importance de connaître les voleurs potentiels.
Des faux tickets de caisse pour se faire rembourser !
Les voleurs professionnels tirent essentiellement leurs revenus de la revente de produits subtilisés ou du remboursement auprès de l'enseigne. Ces adultes utilisent des techniques très pointues. « Ils peuvent aller jusqu'à fabriquer de faux tickets de caisse ». Le butin est donc généralement conséquent. De leur côté, les voleurs dépendants (drogue, alcool ) cherchent des produits faciles à revendre pour satisfaire leurs besoins. Le montant est alors peu élevé. Les semi-pros veulent avant tout « arrondir leurs fins de mois ». Ils utilisent des techniques peu modernes (changement d'étiquettes ) et cherchent des produits facilement revendables. Impulsion, convoitise et possessionLe client traditionnel vole afin de se procurer des produits qu'il ne pourrait pas s'acheter faute de budget (cosmétique, bijoux, vêtements à la mode, cadeaux, cigarettes ). Ses techniques d'amateur sont peu évoluées (inversion d'étiquettes de prix, camouflage des produits sur soi ou dans un sac ). Le montant est généralement assez faible.Pour les impulsifs, les motifs sont très variables. Il peut s'agir d'un manque d'argent, de la volonté de ne pas faire la queue aux caisses ou d'une gêne (pour les préservatifs, par exemple). Les produits dérobés sont souvent de petite taille et très attrayants (livres, cassettes vidéo, disques compacts, calculettes ).
Chez les bambins de 1 à 7 ans, il n'y a aucune notion du vol. Il s'agit tout bonnement d'une volonté de posséder quelque chose qui leur plaît.
Les produits « agrippés » sont souvent des jouets, des biscuits ou de la nourriture. Le préjudice est très faible.Les enfants et adolescents (7 à 18 ans) sont essentiellement motivés par la volonté de posséder des objets qui permettent de renforcer l'identité à un groupe. Il s'agit surtout de vêtements, de bijoux, de disques compacts, de produits de beauté Les techniques sont peu évoluées (camouflage des produits sur soi ou dans un sac) et le préjudice moyennement important.
Enfin, les kleptomanes sont assez rares et volent n'importe quoi (c'est l'acte qui compte et non le produit). Le montant est donc très souvent faible. Mais attention, cette maladie psychologique concerne tous les âges et tous les types de personnes. D'où la difficulté de trouver la bonne parade. Et la nécessité de multiplier les outils de lutte contre la démarque inconnue (portiques antivol, vidéosurveillance, agents de surveillance, miroirs ).